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| Photo de Jezabel Maritza Davidoff |
Bon arrêtons de rire un instant. Pôle emploi, de temps en
temps propose des solutions intéressantes… Si, si, je vous assure c'est vrai.
J'en suis la preuve vivante, ne l’oublions pas.
Sept mois avant la création de mon entreprise, j'ai reçu une
convocation pour faire le point sur ma demande d'emploi. A ce moment j'avais
déjà bien entamé la formation censée me faire changer de vie et compris que je
n’étais qu’un numéro dans un système bien surpeuplé. Mais bon soit, ne nous
fâchons pas pour si peu. Pôle emploi ne
peut définitivement pas se souvenir de toutes les personnes qu'il croise ni de
leurs projets. Vous voyez que des chiffres dans une grande entreprise qui n'est
autre que notre système, notre gouvernement… Séduisant non ?
Quoi qu'il en soit je me prépare pour mon rendez-vous où je
me présente avec 1 minute de retard. La ponctualité et moi-même, ça ne fait pas
bon ménage et ne l’a jamais fait ! Bon, eux non plus n'aime pas la ponctualité
donc nous avons au moins ça en commun.
Je rejoins ma conseillère dans son bureau où nous pouvons
enfin discuter Avenir (Finalement je l'ai eu mon rendez-vous pour ma formation,
6 mois après l'avoir commencée… !)
« - Mme...,
cela fait un bon moment que nous ne nous sommes pas vues.
(Elle se moque de moi là non ?)
- -
Nous nous sommes parlé au téléphone pour
une formation.
-
- Ah oui... Je m’en souviens. Vous avez pu
la faire ?
- - Bien sûr, j’allais pas vraiment attendre
votre financement pour la faire, j’avais prévu un plan B, forte heureusement.
-
- Tant mieux pour vous... Alors et
maintenant ? Vous en êtes où sur cette recherche d’emploi ? Parce que
j’ai regardé un peu votre profil ces derniers temps, vous n’avez toujours pas
mis à jour votre CV, vous n’avez pas travaillé ces derniers mois ?
(Je reste assez bouche bée pendant un certain temps,
essayant de réfléchir vite tout en assimilant ce clairement foutage de
gueule...)
-
- Non, désolé, je n’ai clairement pas
travaillé ces derniers mois puisque comme je vous l’ai dit au téléphone et répété
il n’y a, même pas deux minutes, j’ai débuté une formation. Forcément, je ne
peux pas travailler en même temps, ça devient un peu compliqué.
-
- Ah oui, c’est vrai. Je vais le noter dans
votre dossier.
(C’est
une excellente idée... !)
-
- Je vous ai trouvé des offres intéressantes
dans votre domaine. Poursuit-elle sans
attendre de réponse. Vous savez, le temps de trouver un travail qui vous
convienne un peu mieux. Le travail alimentaire est essentiel si vous voulez
payer vos factures.
(Qu’est-ce qu’elle ne comprend pas dans : Je suis en
FORMATION... ! Ou alors, elle veut absolument que je sorte du taux de
chômeurs mensuel. Bon laisse-on la finir, je ne suis plus à ça près)
- - La première offre nécessite un Bac + 3
comptabilité. Ce n’est pas le même diplôme mais le bac + 3 vous l’avez, c’est
tout ce qui compte. La deuxième, c’est en tant que coiffeuse dans un salon.
(Je ne m’énerve pas...
Je ne m’énerve pas... Je ne.... Oh et puis ZUT !)
-
- Alors premièrement, j’ai effectivement un
bac + 3 mais dans le spectacle, pas dans la comptabilité et s’il demande dans
la comptabilité c’est bien pour travailler en tant que comptable... Vous
m’expliquez le rapport entre le spectacle et la comptabilité ? Deuxièmement,
même question, quel est le rapport avec la coiffure ? Vous avez vu ma
tête, est-ce que j’ai l’air de savoir me coiffer ? Non, absolument pas.
Alors un job alimentaire, je veux bien mais dans un domaine que je maîtrise un
tant soit peu. Enfin, dans « Je suis en formation », qu’est-ce que
vous ne comprenez pas. Je ne veux pas d’un autre job puisqu’après ma formation,
je vais créer mon entreprise.
-
- Vous voulez monter votre entreprise mais
pourquoi ne pas l’avoir dit plutôt ? Me
dit- elle complètement hébétée.
-
- Parce que vous ne me laissez pas
parler … !
-
- Ah mais ça change tout. Il faut que vous
rencontriez ma collègue, elle fait des formations pour les créateurs
d’entreprises en ce moment. Vous n’êtes pas encore à ce stade mais bientôt. Je
pense que ça pourrait être intéressant pour vous de voir comment ça se passe.
Tiens, justement la voilà.... »
Je passe la suite de
l’entretien bien entendue !
Suite à cet échange,
vous avez pu observer le problème majeur de cette institution qui n’écoute
personne et n’en fait définitivement qu’à sa tête. Mais, je ne suis pas là pour
mettre en lumière ses moindres défauts (Enfin, un peu quand même). J’ai donc
rencontré cette fameuse collègue qui a écouté mon plaidoyer jusqu’au bout et
trouvé mon projet presque intéressant. Elle m’a donné rendez-vous pour une
réunion d’information sur ces fameuses formations d’entrepreneurs, m’assurant
au passage que, tout en étant en formation ailleurs, je pouvais y participer.
J’y suis donc allée,
sans avoir de véritable attente et ce fut vraiment bien. C’est la première fois
que je parlais de mon projet, encore très appauvri, à un chef d’entreprise. Le
but était de le convaincre pour savoir si j’avais ma place parmi les autres.
Vous l’aurez compris, je l’ai eu. Il m’a dit que j’avais encore beaucoup de
travail pour faire mûrir mon projet mais que je pouvais y arriver. Qu’il y
avait un marché, il me suffisait juste d’apprendre à frapper à quelques portes.
J’ai participé à la
première formation qui tournait autour des connaissances de base sur la
création d’entreprise (Réalisation d’un business plan, d’une méthode de
démarchage...). Les cours étaient très constructifs et j’ai rencontré des
personnes que je vois encore aujourd’hui. En somme, je suis plutôt contente de
la tournure qu’a prise ce rendez-vous, même si j’étais plus énervée en sortant
qu’en entrant. Et une formation en menant une autre, un mois plus tard, je
commençais celle sur la comptabilité puis plus tard une autre sur l’art d’être « commerciale ». Quand j’en avais fini avec tout ça, mon
projet n’avait plus du tout la même tête qu’il avait au départ, il en était
sorti grandi tout comme moi j’avais évolué.
Aujourd’hui encore,
avec plusieurs membres du dernier groupe, nous nous réunissons une fois par
mois pour parler de nos avancements et de nos erreurs. Nous sommes là pour nous
aider les uns et les autres et nous conseiller. Dans une aventure comme
celle-là, les jours de solitude sont moins pesant lorsqu’on peut partager son
ressenti.
Conseil
aux petits nouveaux : Les choses ne sont
jamais comme on les prévoit, ni comme on les voit. On peut être persuadé qu’un
système cherche à nous enfoncer alors qu’il va nous tendre la main. Ne soyez
jamais trop sûr de vos préjugés. On en a tous pour se rendre compte, au bout
d’un moment, que même le plus corrompu des systèmes peut trouver son intérêt en
nous aidant. Alors même si une administration vous exaspère, même si vous avez
l’impression d’être incompris (Oh vous aurez cette impression !), prenez
votre mal en patience. Dites-vous qu’ils ont peut-être l’air malheureux à faire
un travail déplaisant et qu’ils sont jaloux de vous car vous allez faire
quelque chose que vous aimez, que vous allez défendre et propulser sur le
devant de la scène. Surtout, vous allez vous amuser en le faire et je doute
qu’eux s’amuse vraiment dans leur job !


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