mardi 6 décembre 2016

Promotion et félicitation




Je crois que ce qui me manque le plus dans mon métier, c’est la reconnaissance. Je veux dire, je suis heureuse dans ma profession et dans l’interaction que j’ai avec les gens mais j’ai l’impression que ce n’est pas complet !

Il y a quelques jours mon amoureux a dû monter voir son patron, au siège de son entreprise du côté de Strasbourg. Il était vraiment heureux d’y aller parce que cela signifiait d’accéder à un nouveau poste et à de nouvelles responsabilités. Autrement dit, un bon de géant dans une société qui a tant de mal à embaucher, aussi appelé : La promotion.

En gentille copine très attentionnée, je me suis préparée à sortir le crémant, deux coupes et un diner au restaurant. Il faut bien fêter cela. Seulement voilà, en y réfléchissant, je me suis rendue compte que je n’aurais jamais ça moi. Je ne rentrerais jamais après une journée de dur labeur en disant : « Devine quoi, Chéri, aujourd’hui mon patron m’a proposé de gravir les échelons de notre entreprise : Je monte en GRADE !!! » Dans mon cas, j’ai déjà atteint le plus haut sommet. Je ne m’en plains pas, pas une seule seconde. J’aurais milles autres occasions de sortir le champagne. A la signature des premiers contrats par exemple. Parce qu’ils sont les premiers, jusqu’à ce qu’ils deviennent récurrents et nous arrêterons de les fêter. Ou encore lors des derniers, juste avant de prendre ma retraite. Bon, je n’aurais pas de retraite, d’accord ! Mais je boirais quand même à la signature de mes derniers contrats avant de quitter mon travail, définitivement, dans à peu près... 40 ans !!!

Puis il y a : la reconnaissance. Je n’ai pas de supérieur entrant dans mon bureau pour me dire à quel point mon discours était génial et que la signature avec ce grand groupe a été un tour de main de maître. Non, je n’ai pas non plus de café avec les collègues me racontant les derniers potins du bureau. Je relate bien mes difficultés à mon entourage mais souvent j’ai comme réponse « Tu as choisi après tout. » Cela n’empêche pas d’avoir parfois envie de hurler un bon coup. Le choisir ne signifie pas que tout doit être rose.

Peu à peu, je me suis rendue compte, qu’inconsciemment, je cherche la reconnaissance. Beaucoup au début ! Après chaque rédaction, j’avais ce besoin primaire d’entendre que mon texte était exactement ce qu’ils souhaitaient, que j’avais retranscrit leurs pensées à la perfection et qu’ils n’espéraient rien de mieux. J’en fais un peu de trop, je suis d’accord mais vous aurez compris l’idée. C’est allé jusqu’à faire relire mes brouillons ou mes articles de blog à ma mère pour l’entendre dire qu’elle était fière de moi.

C’est un peu bizarre ! C’est mon métier après tout. Je suis plutôt douée dans ce dernier alors attendre l’approbation des autres me rend un peu perplexe. Puis, j’ai réfléchi. Nous sommes tellement formatés à avoir des patrons, à attendre une réponse, un avis sur ce que l’on fait dans notre vie qu’au moment d’avoir un travail, cela nous semble indispensable. Tout commence par l’école, les bonnes notes, les bonnes remarques. À la maison, en nous disant que nous avons bien travaillé. Dans la société, que nous sommes un bon élément. Nous avons toujours besoin d’être poussé vers l’avant.

Alors oui, cela me manque. De savoir que je n’aurais pas de promotion dans mon travail ni de reconnaissance d’un supérieur. Mais au final, tout cela n’est qu’éphémère, rien n’est éternel.

Pour combler notre vide, on se met à trouver ces petits bonheurs ailleurs. Lorsque j’aurai réussi une nouvelle étape dans ma vie professionnelle comme un nouveau diplôme, alors je trinquerai. Quand j’aurai terminé un travail important, je lèverai mon verre et me dirai à quel point je suis fière de moi. Quand j’aurai un coup de blues, je regarderai les articles dans le journal, retracerai mon parcours et saurai que je suis exactement à la place que je mérite. Celle pour laquelle j’ai travaillé si dur et que nul ne chérit plus que moi.


Vous voyez, quand quelque chose vous manque dans votre vie, il y a toujours possibilité de le combler différemment, il faut juste faire preuve d’imagination !




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